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De quoi pouvons nous rire, si ce n’est de nous-même ?

Nos travers sont nombreux, et nos défauts idem !

Au physique déjà, nous avons des regrets :

Pourquoi nous lamenter d’être trop enrobés,

Ou bien, tout au contraire, d’être des échalas ?

Chacun est comme il est, un point c’est tout ! voilà !

Et que penser alors de toutes nos faiblesses ?

Nous sommes étourdis ? La mémoire traîtresse

Nous fait défaut soudain ? Nous cherchons vainement

Le nom de cet ami, la place de ce gant ?

Rire de nos oublis, nos bêtises extrêmes

Me semble un sûr garant de demeurer nous-même,

De ne pas ennuyer tous ceux qui  nous côtoient

Par un œil attristé, un trémolo de voix.

Nos erreurs peuvent être des sources de fou-rire,

Si nous-mêmes acceptons qu’elles fassent sourire

Et, greffant de l’humour sur un de nos ratés,

Savons avec chacun en voir le bon côté.

 

Ne nous lamentons pas. Nous sommes tous faillibles.

De notre propre humour soyons nos propres cibles.

La bonne humeur toujours triomphe des soucis,

Et sourire à la vie c’est lui dire merci….

 

Souvenirs


Dans mes pensées, mes rêveries

Je n'ai vu que de rares instants passés

Qui méritent un nouveau souffle de vie

Mais certains perdent ainsi leur intensité

 

Les beaux souvenirs sont les plus meurtriers

Car nous cherchons à les retrouver et les vivre

Nous n'avons plus moyens pour les réveiller

Et la frustration revient, nous enivre

 

La beauté que ne faisons revenir

Nous donne une légère et intense peur

Que ces moments perdent de leur saveur

Saveur que nous avons du mal à lire

 

Chaque parcelle de notre mémoire

Dégage des ondes pures telle l'eau

Dont on ne doit pas tarir la gloire

Pour que le bonheur nous vienne en flots

  CA FAIT PEUR



 

Je rentre dans cette pièce lugubre,

Empreinte de souffrances innentendues,

Une absence de vitalité me perturbe,

La vie semble y être perdue.

 


Cette personne dans son lit s’ennuie,

Elle vit entre cathéter et poche de sang,

Mais elle croît encore en ce qui suit,

Qui à côté peut se plaindre ? Et pourtant…

 


Je m’assois à côté d’elle,

Je l’écoute, je suis le seul à venir la voir,

Je lui prends sa main toute frêle,

Je m’incline devant son être et son savoir.

 


Elle se bat contre cette chose,

Cette immunodéficience qui l’alite,

Tout l’avenir autour d’elle, reste morose,

Mais seule la force l’abrite.

 


Son seul combat, n’est pas que la maladie,

Elle se bat, pour revendiquer ce qu’elle est,

Un être à part entière, mais que l’on dénie,

Parce qu’elle est différente, dans ce qu’elle fait.

 


Cette personne se prénomme « DAVID »,

Il est du troisième sexe, homosexuel,

Son visage est blanc, presque livide,

Mais, il est tellement naturel.

 


Je lui tire mon chapeau bas,

Il se défend contre lui-même et la société,

Tout le monde le fuit, le rabat,

Mais face à çà, qui a la plus de volonté ?

 


C’est facile de dire, qu’il l’a mérité,

C’est tellement mieux de rejeter la faute,

Tout çà, parce qu’il ne s’est pas protégé,

Mais qui en amour, peut sortir la tête haute ?

 


La haute société veut exiger des normes,

Taille fine, beauté et autres stéréotypes,

Mais à quoi pensent ces gens, quand ils s’endorment ?

A leur prochaine soirée VIP ?

 


Mais que voit-on autour de nous ?,

Un monde qui vit avec des exclus,

Homosexuels, handicapés, gens de couleur, que de dégoût,

Qui a décidé pour eux, d’être des intrus ?

 


Ce qui dans la vie est tracé,

Ne peut être changé, et pourtant,

Notre vision des choses, peut être modifiée,

Mais, il faudra encore combien de temps ?

 


Un sourire ou une main tendue,

Ne demande pas beaucoup d’efforts,

Mais ces gestes sont encore trop retenus,

Personne ne veut s’émettre de torts…


Sylvain Bedouet
53 - Laval

  LA COLOMBE


La pluie avait cessé, l’arche était immobile,

L’océan se calmait, l’horizon semblait pur.

Libérée, mais d’un vol encore malhabile,

La colombe ardemment s’élança vers l’azur.

 

Depuis quarante jours, elle était prisonnière

De la mer et des cieux à l’envi déchaînés,

Elle aspirait enfin à retrouver la terre,

Ses forêts, ses vallons, ses jardins raffinés.

 

Pleine d’espoir, elle filait à tire d’aile,

Survolant sans faiblir l’immensité des flots.

Ses yeux cherchent en vain, mais rien ne se révèle,

Pas l’ombre d’une terre et pas le moindre îlot.

 

Pourtant, là-bas, une tache plus sombre

Se découpe et, bientôt, émerge de la mer.

Et la colombe croit apercevoir dans l’ombre

Une haute falaise, à son pied un amer.

 

Soudain ragaillardie, elle force l’allure.

La terre est là, tout près, elle en sent les odeurs :

Les fleurs des prés, les champs, des arbres la ramure

Et l’haleine du vent lui soufflent leur tiédeur.

 

Hélas ! en approchant, son regard qui s’aiguise

De spectres menaçants distingue les contours.

Ils l’attendent au bord de la terre promise,

Les sinistres faucons, charognards et vautours.

 

La colombe prend peur et, malgré sa faiblesse,

Vers l’arche elle revient, vite et sans dévier.

À bout de forces, sur le pont, elle s’affaisse.

Ce sera pour plus tard, le rameau d’olivier.

 




Henri Lilienthal

69 - Tassin la Demi-Lune

 

 

 

Thème : Le handicap

Textes relativement court pouvant être lu à la radio.



Textes, dessins, peintures, sculptures

Pour notre revue :

N° 40 - La vie jusqu’au bout - janvier 2010

N° 41 – Fais-moi rire - avril 2010

N° 42 – L’heure du thé - juillet 2010

N° 43 – Miroir - octobre 2010

N° 44 – La vie, cette belle aventure - janvier 2011

N° 45 – Le cœur est une fleur - avril 2011

N° 46 – Les 5 sens - juillet 2011

N° 47 - Derrière les grilles - octobre 2011

N° 48 - Les bêtes sont nos amies - janvier 2012

N° 49 - Notre amie la terre - avril 2012

N° 50 - Quelques gouttes de vie - juillet 2012

N° 51 - Semailles - octobre 2012

N° 52 – La nuit est belle ! – janvier 2013





Pour nos collections :

- Différent de toi ami, enrichissons nous !
- Partages
- Racine
- Terre de paix

 HISTOIRE SANS PAROLE

 

 

 

 

Se déverse en mon cœur force larmes de sang

Que de sombres nuées répandent avec ennui

La plaine est si morne qu’elle absorbe le bruit.

Pas de douce harmonie. Pas d’amour palpitant.

 

Seul éclair de tendresse en ce triste pays :

Vicky, fidèle ami à la joie enfantine,

Aux doux câlins de soie – oh, merveilles divines ! -

Ornant cet univers avec des feux ambrés.

 

Pourtant, ce n’est qu’ici que le poète vit,

Qu’il remplit de ses chants ce piteux monde gris

Et peint la Vérité, par lui-même habillée

De voiles vaporeux, irréels, alanguis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Mon jardin secret…

 


 

Fouiner aux alentours pour glaner quelques fleurs

avant que de pousser la porte du domaine

des folles herbes qui croissent, avec bonheur,

me démange des ailes, où l'étoile est la reine…

 

de l'antre. Je ne suis pas maître en mon jardin,

pas plus de la déambulation négligente

des bipèdes qui en défrichent les chemins

que des nuées qui s'y invitent, chatoyantes…

 

Caverne d'Ali Baba, des pleins, des visions

de lampe d'Aladin veillant à l'écriture,

ma tanière se créée d'images, d'émotions,

entre ciels et déserts, flammes pour aventure…

 

Avec des bancs de bois, pour le recueillement

ou pour le monologue au temps du grand silence,

mon paysage exhibe un puits, source à l'errant,

vagabond de sa vie, en quête de l'enfance…

 

Parfois quelques ombrés s'y parent des couleurs

camaïeux de soleil sur nuages, lumière

quand tu ouvres ta main à mes sens, à mon cœur ;

en perspective alors surgit une chamière…

 

Car mon jardin secret est lieu de rendez-vous

de papiers musardés et de plumes qui sèment

des mots, des grands, des gros, des petits et des doux,

de l'unique, pour toi, à qui je dis : je t'aime…

 

 

 CONFIDENCES 






 

En moi montait un flot de souffrance indicible.

Ma lumière, oh ! Pourquoi, se transformait en nuit ;

Je cherchais un sourire, un regard qui séduit ;

Seule, l’ombre vivait dans un tout invisible.

 

 

Comment trouver la clé, le remède apaisant,

Pour qui puisse ma vie encore être féconde ?

Je me sentais perdue, imaginant le monde,

Mon âme douloureuse invoquait le Puissant.

 

 

Qui donc a murmuré : "L’amour est ta richesse,

A celui qui te l’offre, il faudrait l’exprimer,

Dire en vers, pourquoi pas, ta façon de l’aimer ?

Le chant des mots serait un baume à ta détresse."

 

 

C’est la voix de mon cœur, je l’entends chaque jour,

Mais je ne sais rimer, de crainte suis saisie.

J’ai réussi pourtant, avec toi, Poésie,

A composer pour Lui des poèmes d’amour.

 

 

Quand ta muse sourit, mon esprit te modèle :

Tantôt peintre ou sculpteur, affinant tour à tour

La couleur d’une idée et du mot le contour,

De musique il te vêt et murmure : "Sois belle."

 

 

Simone Amélie Boinot

 

79 - Niort

 

Musique, tu es vertu sublime

Ta Beauté offre l’Hymne

De l’amour et de la joie

 

Au pied de ta colonne

Ton harmonie résonne

Et raffermit notre foi

 

Maître de musique

L’œuvre nous paraît ludique

Dans ce Temple digne d’un roi

 

Ta muse nous unit

Par Force à l’infini

Dans l’allégresse toi et moi

 

Tripes, esprits et corps

T’écoutent et te dévorent

Dans ce décors où Sagesse fait loi

 

 

Ferenc SEBÖK

Dépôt Sabam

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