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     Le poète est là pour mettre des mots sur les maux. Sa plume sert enfin à tracer des mots pour échapper à la morosité. Pour prendre de la distance avec la rancune du ciel sans soleil, avec les nuages trop percés, les étés boueux, avec le mois d’août sans vacances.

     Pour réparer ces averses, le poète qui sommeille en moi, cherchera un vocabulaire bleuté pour expliquer que, depuis quelques jours.  La pluie tombe sans discontinuer, je dirai que «les oiseaux font pipi sur le bord de la fenêtre».

     J’inventerai des mots couleurs arc-en-ciel.  Un prénom à une fleur anonyme. Baptiser une cheminée qui ajoute son panache au brouillard traînant sur la ville. Faire de la musique au-delà du silence. Quand la musique est trop bruyante, le silence par son nom secret. J’appellerai le vent «passine»   ou «souffline». Un nouvel idiome, pour tout ce qui passait près de moi. Un «crise de ciel» pour un avion, un «saute-motte» pour un lapin, une «semeuse» quand une fille tombait (sans méchanceté). Enfin des mots drôles, comme lorsque j’étais enfant et que je me racontais des histoires venues d’ailleurs, pour oublier les maux de la vie.

     Une étoile qui s’allumait après les heures : «une chandelle en passe», mais elle était là, et le rêve pouvait continuer. Comme c’est étrange, en devenant plus grand on oublie de faire des jeux de mots… Voilà pourquoi, il y a tant de maux !


Cécile Meyer Gavillet

LA  TIRADE  DES  PIEDS

 

 

Vous raillez sur mes pieds ! Qu’ont-ils de si comiques ?

Les champignons dessus ne sont point atomiques !

Le fait qu’il soit très dur pour moi de les laver

Ne les empêche pas de battre le pavé.

Dire que je ressemble à un vieux mille-pattes

En comptant mes orteils privés de leurs savates

N’est pas fait pour me plaire, et jamais n’en souris,

Ce que vous dénombrez… Ce sont mes panaris !...

Non, Monsieur, il n’est pas grand besoin d’une trompe

Pour sonner que je marche à coté de mes pompes.

Si mon pied gauche écrase un caca de trottoir :

C’est pas fait pour les chiens, Bon Dieu ! Le décrottoir !

Et comme le disait ma cousine Germaine

Ça donne du bonheur bien plus d’une semaine...

Eh quoi ! Vous aboyez tel un triste cabot

Que j’ai souvent les pieds dans le même sabot.

C’est que la vie est dure alors en bon pépère

Je les achète, moi, toujours par demi-paire.

Cette remarque-là vous devez l’éviter

Elle chamboule mon centre de gravité ;

Mes pieds ne sachant plus où donner de la tête

S’effaceraient sous moi, c’est cela qui m’embête...

Vous ajoutez, Monsieur, «  D’où vient la puanteur

Qui assaille mon nez de perfides senteurs ?

Sous mon pif a-t-on mis de quelconques fromages

À qui la vieillerie a causé des dommages ?

Se peut-il exister effluve sans pareil

Qui détruit l’odorat et tous ses appareils ? »

Ce sont mes pieds, Monsieur ! S’ils sentent le gruyère

C’est faute de fouler les landes de bruyère,

Ils ne foulent pas même un lopin de gazon

Attila le rasa sur tous mes horizons...

 

  

Prétendre que sur deux j’en ai un dans la tombe

N’est pas vraiment gentil, la remarque me plombe.

J’en suis encore fier de mes petits petons,

En quoi vous fichent-ils à ce point les jetons ?

Si mes pieds ne font pas tout à fait douze pouces

C’est qu’ils n’ont pas le temps de se la couler douce

Après force d’usure, ils sont devenus plats

Bien qu’il m’arrive de les mettre dans les plats.

Ça peine un peu celui chargé de la popote

Mais qu’y puis-je, Monsieur ? J’ai les pieds en compote.

S’ils se trouvent parfois près d’un filet mignon

Ils l’accommodent bien avec tous leurs "oignons"...

Ne riez pas Monsieur ! Le temps n’est pas aux rires,

Mes pieds, même liés, ne se laissent pas frire.

Donc il n’est nul besoin d’appeler les pompiers

Car jamais je n’aurai, Monsieur, la… poêle aux pieds !...

Et s’il m’arrive aussi entre crabes et moules

De patauger dans un plat empli de semoule

N’allez pas crier fort, misérable acharné !

Que je le souille avec mes ongles incarnés...

Les hôteliers du coin, italo-soviétiques,

Aussi bornés que vous, égaux antipathiques,

Me refusent l’accès à leurs petits salons

Disant que l’estomac, je l’ai dans les talons...

Cessez de vous gausser ! Respectez ma nature,

N’dites pas que je suis une grosse pointure...

Quand mes pieds dans la boue aiment faire Clap Clap

S’il faut me rhabiller : C’est bien de pied en cap.

Comme ce n’est pas vous qui payez mes costumes

N’essayez pas, Monsieur, de changer mes coutumes !...

Vous venez d’affirmer, et cela n’est pas beau,

Que, sur mes deux arpions, il n’en est qu’un de bot.

Cette réflexion me tourmente et m’indigne

Comme chanter que je suis un vrai pied de vigne.

Mensonge que cela, loin de la vérité,

Mes pieds n’acceptent plus telle sévérité...

Les doigts en éventail mes panards se délassent

Beaucoup plus aisément qu’au fond de leurs godasses,

Une fois prisonniers, changement de décor,

Dans leurs petits souliers mes pieds sonnent du "cor".

 

  

Mais j’en ai plus qu’assez, par-dessus la cravate,

Lorsque vous me prenez pour un traîne-savate.

Il n’est aucun espoir de les voir se calmer

Quand vous criez très haut que mes pieds sont palmés.

Comprenez qu’ils sont las de tous vos commentaires,

Vous perdez chaque fois l’occasion de vous taire.

Et puis en rajouter sur mes pauvres nougats

Pourrait bien vous causer les pires des dégâts !...

Si mes galoches sont en un bois de platane

Elles n’en font pas moins de solides tatanes.

Ces croquenots sont faits pour monter à l’assaut

Mais avant je prends soin d’y ranger mes pinceaux.

Ainsi chaussés voilà des armes redoutables

Que je me garde bien de mettre sous la table.

Des pieds comme ceux-là ne courent pas les rues

Ne comptez pas les voir faire le pied de grue !...

Monsieur, sachez qu’ils sont deux sur le pied de guerre,

Alors si vous voulez protéger vos arrières !

Vraiment je ne vois pas, soyez-en convaincu,

Ce qui m’empêchera de vous botter le cul !…

 

Et vous repartirez fortement estropié

En hurlant à la mort : Sacrebleu ! C’est pas l’pied !

Pendant que gémissant fuirez à cloche-pied,

Pendant ce temps, Monsieur, moi, je prendrai mon pied !

 

 

 

 Robert Pascal

 

CELESTE MESSAGE

 

 

Voyez tous les nuages

Leurs mille et uns visages…

 

Sur les ailes du vent

Glisse un tableau mouvant.

 

Sentez comme on s’élève

Vers le monde du rêve…

 

Hors des marches du temps,

Vers les cieux envoûtants…

 

Suivez votre nuage :

Quel merveilleux voyage !

 

 

 

Liliane Codant

41 - Salbris

 

 L’ARC-EN-CIEL ET LE VENT

 

 


Au-dessus d’un lac sans ride,

Un arc-en-ciel majestueux

Déployait l’arche fluide

De son vitrail somptueux.

Du ciel encore tendu de gris

Perlaient les fines gouttelettes

D’une bruine discrète.

L’arc-en-ciel, chatouilleux, en vit ses feux ternis.

"Otez vous donc de là ! Ces larmes m’importunent."

La pluie dit vertement : "Hé ! de votre infortune,

Je ne suis point responsable, l’ami !

Allez voir les nuages ; voilà les vrais coupables."

L’arc-en-ciel poussa des cris épouvantables :

"Holà ! Déguerpissez ! Le gris souille mon âme !"

Les nuées grondèrent : "Dame !

C’est le vent qui nous envoya paître ici.

Adressez vous à lui."

Et l’arc, haussant son rouge à l’écarlate,

Accusa l’alizé de violer ses pénates.

Le vent était un sage ;

Il résolut de corriger l’impertinent.

Il chassa les nuages ;

La pluie les suivit, naturellement.

Et sur le ciel, d’azur repeint,

L’on ne vit plus rien...

 

Telle est l’erreur commune à bien des insensés :

scier la branche à laquelle ils se sont accrochés.

 

Monique Mérabet

974 - St-Denis de la Réunion

 

Voici la composition du nouveau bureau Regards depuis les dernières élections de mai 2009.

Président : Arnaud Lepresle
Vice présidente : Bernadette Gossein
Secrétaire : Jacky Questel
Secrétaire adjointe : Chantal Peyranne
Trésorière : Claudine Lebas
Trésorière adjointe : Fabienne Vieillard

Michel Carrillo

Le Maire de Fondettes
et l’Equipe municipale


ont le plaisir de vous présenter l’exposition de


Peinture et modelage


qui se déroulera du 7 au 13 septembre 2009

à la Grange des Dîme (Vallières) à Fondettes


Voici un courriel SOS qui vient de me parvenir...
Il vous donnera, à lui seul, l'ambiance que nous vivons chaque instant dans notre association.
Le courriel est signé Arnaud Lepresle (président de Regards) et il s'adresse à Yvonne Ollier (ancienne présidente).

Sincèrement, nous souhaitons que toutes les associations vivent cette osmose... et qu'à Regards, cela continue encore très longtemps ainsi ! Il est très fort notre président....
Auriez-vous résisté à une telle demande ?

Yvonne Ollier

Le courriel......

Bonjour mon adhérente…

 

Par un malencontreux concours de circonstances qui mêle à la fois la fatigue qui l’amenât à sombrer dans un sommeil diurne au rentré du labeur, le manque notoire de capacité de charge de son appareil de communication mobile et unique qui, par conséquent lui fit défaut, ainsi qu’une incapacité flagrante à anticiper les évènements du lendemain malgré de notables efforts quotidiens, le président d’une vague association nivernoise se retrouve aujourd’hui désespéré car dépourvu d’hospital où il eut pu, à la midi, se rassasier à satiété afin de ne point faillir à son âpre ministère de l’après midi. Il est donc contraint, au désespoir, de demander asile et d’implorer la grande charité des Dames de providence de la retraite du Franc Nohain de lui céder quelque repas pour lequel, à n’en point douter, il se montrera reconnaissant

 


Cliquer sur la revue pour de plus amples renseignements

Remise des prix le 23 mai 2009 à Varennes-Vauzelles dans la Nièvre

 


PRIX REGARDS

Ces  prix sont attribués sur décision de l’association Regards, sans participation des lauréats ni des maisons d’édition.

 

PRIX "COUP DE COEUR" : Pierre Comte pour "Délocalisations"

PRIX DE L’EMOTION : Catherine T. pour son livre "Psycauses" (témoignage et propos recueillis pas Sylvie Macquet)

PRIX ARC EN CIEL : Muriel Mingau pour "La fête est finie"

PRIX DE L’EMOTION : Robert Serge Hanna pour "Shoah"

PRIX SOLEIL : Robert-Hugues Boulin pour "Friches"

 

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