Le vagabond

Publié le par REGARDS

Il arpente les rues,

Sous la lumière froissée de la lune cornue.

Silhouette dérisoire

Dans la nuit de satin.

Efflanqué, tête basse

Son triste compagnon,

Un chien pelé, galeux,

Le suit.

 

Il est seul dans la vie,

Mais ne s’en soucie guère.

Qu’était-il avant que de connaître

La rue et ses dangers ?

Nul ne l’a jamais su.

Il marche dans la nuit

Pour ne pas s’endormir.

Le jour, adossé à un mur,

Il somnole.

Non, il ne mendie pas !

Mais une simple boîte à ses pieds

Attend l’obole du passant.

Lové tout contre lui, son ami

Veille, ouvrant, parfois un œil glauque.

 

Il n’a plus de passé, pas de présent

Aucun avenir.

Chaque jour est comme le précédent.

Qu’attend-t-il de la vie ?

Lui-même, ne le sait pas,

Il vit tout simplement.

 

Un jour, il partira

Nul ne s’en rendra compte.

Triste sort que celui du vagabond !

 

Marcelle Betbeder

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germaine cartro 11/12/2013 11:54

Oui, c'est le sort de beaucoup de nos jeunes qui oublient tout, le présent, le passé et ils sont sans avenir tandis que nous nous balayons devant la porte de gens qui se moquent de nous ! Je sangloterais si j'en avais la force ! il est très juste ce texte, mais c'est le texte d'un poète ! qui prête attention aux vaticinations d'un poète ? ! nous ne faisons qu'inventer ! alors que nous ouvrons grand les yeux sur l'horreur qui nous entoure : les uns comblés, les autres ne sachant même pas qu'ils existent ! heureusement que la roue tourne ! merci Marcelle !