Le patio de Paulette Cantan-Grison

Publié le par REGARDS

Choc: la nouvelle me terrasse,
Tourmentée, éperdue, ma vie s’empoisonne avec fracas.
Je réfugie mon affliction dans la véranda
A la recherche d’un apaisement tiédasse.
Je déambule avec mélancolie en ce lieu charmant,
Où mes plantes gazouillent leur capiteuse beauté;
Je m’installe sur le fauteuil en osier blanc,
Les yeux mi-clos, je me délecte, m’abandonne à cette sérénité…
 
Les plantes compatissent, ondulent, se déploient -insidieusement-,
Mon univers se métamorphose -perfidement-…
Les feuilles du désespoir pullulent maléfiques et jaillissent;
Les branches noueuses répandent leurs tentacules ombrageux, en silence,
S’étoffent, tissent et enlacent leurs ramures, en sombres vitraux et opulent drapé,
Enrobant mon angoisse, et ne réussissant à la dissiper…
Ce cocon vert diabolique se rétrécit, s’obscurcit. L’étau m’enserre,
Satanique, anéantissant toute transparence.
Ce ténébreux brouillard opaque, ôte toutes nuances,
Il m’englobe, me piège dans son aile noire, dans l’éblouissement d’un vertige foliaire…
 
Oppressée, étouffée, en dyspnée, désintégrée, je suffoque: pur cauchemar palpable…
Un hurlement plaintif: mon cri effarouché, -inoubliable-,
Me réveille en un sursaut pulsatif…Mes fleurs abasourdies,
D’un air harmonieux ,éthéré et mutin,
Sourient avec ironie,
Faisant vibrer mon cœur meurtri, éteint…
Elles le baignent de parfums délicats, de couleurs chatoyantes,
M’exhortant à la félicité, en messagères bienveillantes…
 
Ce monde végétal statufié,
Prisonnier entre les baies vitrées,
Exhale une douce éternité;
Et dans l’éclat moiré du temps, soulage enfin, mon âme blessée…

Publié dans Poésies

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