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Poème ayant reçu le Prix de l’Avenir et du Chèvrefeuille au concours des Cordées

Publié le par REGARDS

Maman,

 

Maman, les mots si longtemps bloqués se libèrent enfin dans cette lettre ouverte qu’aujourd’hui je te dédie. Libres comme je le suis dans ma tête et par ces coups de force écrits qui s’envolent en ton hommage, Maman, pour cette vie que je te dois. Cette vie que tu ne t’es pas contentée de m’offrir, comme l’on offre - humble mais sincère - un sourire, mais que tu as su aussi renouveler à chacune de ses étapes clefs.

 

Maman, c’est lorsque je pense à toi que mes yeux s’illuminent, autant que mes joies pourraient grincer pour toutes les fois où, face à l’adversité, tu as assuré triomphante, mais le cœur serré. Si tu as déposée sur moi l’allégresse, je n’ai pas toujours su l’éparpiller assez sur tes frêles épaules qui ne m’ont pourtant jamais lâchée. Cette lettre pour toutes les larmes que tu n’as pas versées quand, au loin, une nouvelle bataille se déclarait, laissant une fois de plus à terre leurs esprits emprisonnés.

 

Maman, je pourrais simplement te remercier, mais la banalité n’a pas sa place dans ce courrier que chaque lettre porte comme l’expression de ma tendresse démesurée et pourtant à ton égard rarement exprimée. Reçois ce présent comme une étreinte au goût d’exclusivité, si lors d’un moment unique elle m’avait été autorisée. Présent que tu m’as offert par le passé pour m’ouvrir les portes d’un horizon d’avenir.

 

Maman, je t’aime très fort, et m’envahit une immense fierté en te voyant si forte et si belle lorsque me regagnent ces souvenirs imprimés. Ma plus grande richesse provient de toi, que chaque jour contre mon cœur je berce de battements réguliers, Maman, et qui m’aide lorsque pèse la douleur, à continuer d’avancer.

 

Mon quotidien est un défi que j’accueille avec sourire mais non sans difficulté, celui d’être à la hauteur des valeurs que tu as pris le temps de m’inculquer.

 

Avec tout mon amour…

 

Ta fille qui t’aime

 

 

 

Laëtitia PETITJEAN

Publié dans Poésies

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Le Noël de Raffa de Philippe Bédard

Publié le par REGARDS

Durant mon enfance, je fréquentais le Patro Saint-Vincent, maintenant disparu, sur la Côte d’Abraham. Les frères de Saint Vincent-de-Paul, qui s’occupaient de remplir de jeux et d’activités nos journées de congé et celles des vacances d’été, possédaient un art très spécial. Le don de raconter de longues histoires. Je vous parle des années autour de 1940. Le cinéma n’avait pas encore produit les beaux films que nous avons maintenant. Il faudrait attendre encore une dizaine d’années avant que naisse le petit écran. On devait se contenter d’histoires racontées auxquelles nos imaginations ajoutaient des décors et créaient des héros.

 

Chaque jour, après avoir joué jusqu’à trois heures de l’après-midi, ils nous réunissaient dans une grande salle. Nous devions être près de deux cents, assis sur des estrades de bois. Tout à coup, un retentissant son de cloche. À part un avertissement d’incendie, rien n’aurait pu rompre le silence que suspendrait une longue histoire qui allait s’étirer et durer pendant deux mois. Après Les Contes du lundi de Daudet, on aurait pu dire Les « Contes de l’après-midi des frères du Patro ».

 

Il arriva, un mois de décembre, qu’une tempête de neige avait persisté pendant trois jours et même fermé les écoles. Cela nous avait privés de jouer au hockey, le samedi suivant. La neige abondamment accumulée et durcie par le vent, nous avait astreints à dégager la patinoire sans même pouvoir y jouer. Nos petits bras, pas encore bien musclés, étaient épuisés d’avoir pelleté jusqu’à trois heures de l’après-midi. Seule, la pensée de terminer cette éprouvante journée avec une histoire avait maintenu notre courage. Et c’est alors que le frère Bérubé nous présenta son conte de Noël.

 

Cette année-là, c’est à lui que la communauté avait confié la réalisation de la crèche dans la grande chapelle et c’est à cet endroit qu’il nous avait réunis. Cela n’aurait pas été possible durant les vacances de l’été mais, durant l’année scolaire, nous étions beaucoup moins nombreux à fréquenter cette institution. Il faut dire que notre surprise fut grande car, à part les messes, il ne se passait rien d’autre, dans ce lieu sacré rempli d’un silence religieux, que seules les voix du prêtre et de la chorale pouvaient rompre.

 

Nous pénétrâmes donc dans la chapelle toute hantée d’ombres qu’animaient quantité de lampions qui priaient aux pieds des statues endormies dans les ténèbres. Il nous fit asseoir devant la crèche déjà achevée. À ce moment, nous étions un peu déçus. On présumait qu’il raconterait l’histoire de la nativité de Jésus. Une histoire qu’on nous avait tant de fois répétée donc dépourvue de l’habituel suspens qui nous ligotait pendant habituellement.

 

Ce jour-là, sa voix n’avait pas la même tessiture et ses yeux, ses gestes semblaient soulever comme des flocons de neige dessinant des images dans la voûte sombre. Plus il parlait, plus les personnages s’animaient dans nos petites têtes. Marie et Joseph étaient vraiment en adoration devant l’Enfant-Jésus. On imaginait même la chaleur de

l’haleine du bœuf et de l’âne. Seuls les mages et leurs chameaux demeuraient distants et sans mouvements car, c’est des bergers qu’il ne cessait de nous parler, de nous les décrire dans leur attitude toute simple. Et, parmi ceux-ci, il se mit à raconter l’histoire de celui qui tenait un petit mouton dans ses bras repliés.

 

Ah! ce petit berger! Ce tout petit berger! Sans le vouloir, il allait créer tout un émoi.

Imaginez que, de retour à leurs pâturages, mystifiés par ce qu’ils avaient vu, incapables de trouver le sommeil, les bergers avaient passé le reste de la nuit à échanger sur ce qui leur était arrivé: l’étoile au-dessus de la grotte, les anges qui chantaient dans le ciel, l’âne et le bœuf près d’un petit bébé… Personne ne s’inquiétait des moutons ni des petits pâtres qui, eux, sommeillaient sous un ciel piqué d’étoiles comme jamais auparavant. Enfin, l’un après l’autre, avec des sourires d’ange sur leurs visages remplis de rêves célestes, les adultes s’étaient assouplis à leur tour. Ce n’est que le lendemain matin, qu’ils constatèrent avec étonnement que le petit Raffa manquait. On s’inquiéta. On fit le tour des champs. On fouilla dans les buissons. Impossible de le retrouver.

 

L’inquiétude collective inventa alors mille hypothèses, toutes un peu confuses comme l’était demeuré le souvenir de la dernière nuit. S’était-il égaré sur le chemin du retour sans qu’on s’en aperçoive? Un loup l’aurait-il attaqué et traîné quelque part; dévoré peut-être? S’était-il simplement endormi sur le bord de la route? Il fut convenu de prendre à rebours le chemin de la grotte, de chercher derrière les arbustes et d’interroger les gens qu’on rencontrerait. Le soleil montait toujours. La fatigue et le désespoir s’installaient et on ne voyait pas le petit Raffa.

 

Lorsque, de loin, ils aperçurent de nouveau la grotte, ils n’avaient plus aucun espoir de retrouver le retrouver. Ils avaient parcouru tout le chemin, épiant les plus petits recoins, scrutant attentivement le plus loin qu’ils pouvaient dans les champs, descendant dans les ravins…leurs recherches étaient restées vaines. Avant de retourner chez eux, ils décidèrent quand même de faire une autre visite à ce couple et l’enfant dans la grotte.

 

Là, comment exprimer leur surprise. Le petit Raffa était assis sur les genoux de Marie qui lui parlait en riant alors que l’Enfant-Jésus dormait doucement, emmailloté dans des langes blancs. Raffa s’aperçut à peine de leur arrivée. De toute évidence, il n’était pas conscient de l’émoi qu’il avait causé et des recherches désespérées qu’il avait occasionnées.

 

Marie qui leur apprit que, pendant qu’ils étaient tous à contempler l’Enfant-Jésus, Raffa avait retiré du feu un tison refroidi et, sur une pierre longue et plate, il s’était mis à dessiner son portrait. « Regardez, comme c’est bien fait », leur dit-elle. Personne ne savait comment réagir à ce qu’ils voyaient : Raffa sur les genoux de Marie, son portrait ressemblant sur la pierre…Était-ce un rêve?

 

Le père et la mère de Raffa, sûrement les plus heureux du groupe parce qu’ils avaient retrouvé leur enfant, se mirent à rire, à serrer la main de Joseph, à parler à Marie. « Nous avons un peu de nourriture dans nos besaces, dit le père. Accepteriez-vous de manger avec nous car la faim nous est revenue et vous n’avez peut-être pas de nourriture ici?»

 

Et le frère Bérubé nous affirma alors que jamais on retrouverait cette belle histoire dans la Bible. Peut-être parce qu’elle est trop belle, trop merveilleuse pour y croire. Mais, laissez-moi vous dire qu’elle eut une suite, quinze siècles plus tard. La légende veut qu’en 1483, l’âme du petit Raffa fut réincarnée dans le corps d’un petit enfant né dans la petite ville d’Urbino, en Italie. Ses parents n’auraient pu deviner quel cadeau le Ciel leur envoyait, à l’humanité tout entière aussi. Et comment expliquer la coïncidence; les parents l’appelèrent RAPHAËL.

 

Chose surprenante encore, tout jeune, il manifesta un talent extraordinaire pour le dessin. Son père le confia à un grand maître et il devint l’illustre peintre Raphaël dont les plus grands musées du monde conservent les chefs-d’œuvre et, parmi elles, de nombreuses toiles représentant la Madone.

 

Il devint le peintre officiel des papes Jules II et Léon X qui confièrent à son talent, la décoration de plusieurs salles du Vatican. C’est à ce moment qu’il se lia d’amitié avec les géants de la Renaissance comme Michelangelo et Léonard de Vinci….

 

Ainsi s’acheva le conte de Noël du frère Bérubé, ce 23 décembre. On n’avait jamais entendu un aussi bon conte de Noël. On est retourné à nos demeures et je suis certain que, comme moi, mes compagnons, n’ont jamais plus vu la crèche de leur église de la même façon.

 

Philippe Bédard

Le Noël de Raffa de Philippe Bédard

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Thèmes à venir de notre revue 2000 Regards

Publié le par REGARDS

Voici les prochains thèmes de notre revue 2000 Regards.

Pour publier, rien de plus facile, vous nous envoyer un tetxe, un dessin, une peinture sur le thème, vous passez en comité de sélection et si vous êtes retenus, nous vous publions.

 

N° 57 - Les âges de la vie – avril 2014

N° 58 – Le masque – Juillet 2014

N° 59 - La joie de vivre – octobre 2014

N° 60 – Jour de repos – janvier 2015

N° 61 – Debout la vie ! – avril 2015

N° 62 – Apprends-moi la nature ! – juillet 2015

N° 63 - Nos amours – octobre 2015

N° 64 – De tout et de rien – janvier 2016

N° 65 – Est-ce ce que nous voulions ? – avril 2016

N° 66 – Un été d’exception – juillet 2016

N° 67 - Choix de vie – octobre 2016

N° 68 – Je me permets de vous dire – janvier 2017

N° 69 – S’il me fallait choisir – avril 2017

Thèmes à venir de notre revue 2000 Regards

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Chante l'eau

Publié le par REGARDS

Pour vous mettre l'eau à la bouche, un texte qui aurait pu être dans la revue qui paraitra en janvier 2014. Pas d'inquiétude, un texte de notre auteur sera bien publié dans la revue.

 

CHANTE L’EAU

 

 

Les perles nacrées de la rosée

S’éparpillent en chantonnant, en un soyeux voile irisé.

Les fleurettes se dissimulent enivrées, mais pudiques,

Sous le manteau diaphane saturé de nectar,

Imprégné de tous les parfums capiteux épars,

Et de la nuit divulguent les secrets oniriques…

Ondoyants, espiègles, rusés et follets,

Les rus jaloux fredonnent entre eux.

Louvoyant tentaculaires, en minces filets

Dans l’herbe drue.Ils palpitent, se faufilent,

Dérobent les rêves utopiques et mystérieux,

Puis s’écoulent vers les fossés, en buissonnières rigoles…

 

L’onde apaisée des étangs, langoureuse, s’étale,

Frissonne dans le subtil clapotis de ses ridules

Sous le baiser fripé de la brise légère.

La lune et le soleil, à contretemps, mirent

Dans cette psyché leur solitude.

Apaisés d’avoir pu dans leur reflet s’identifier, se cloner,

Ils regagnent soulagés le firmament, pour s’abandonner

Et dans une aubade céleste, libérer leur béatitude…

Les rivières alanguies serpentent parmi les rives,

Chantonnant entre les fiers roseaux,

Une subtile sérénade de doux clapotements, les abreuvent,

Psalmodiant en cadence, leurs pensées cristallines, au son de leur flûtiau.

 

Les violents torrents luttent en cataractes capricieuses

Parmi les roches aigues; et dans ces cascades écumeuses,

Tournoient nos espérances rebelles. Elles s’y dévergondent

Et sont pulsées vers la mer,-leur dernier voyage-, en une chorale furibonde.

Les flots arrivent enfin dans l’immensité prodigieuse

De l’océan, et au son de sa voix de stentor harmonieuse

Se gorgent de sel, puis en rouleaux dansent;

Amoureusement les gouttelettes étreignent les coquillages et valsent.

La vague se déploie, ourle la plage, en une caresse de soie étale,

Puis s’enchevêtre insoumise, en une furieuse houle.

Ses gouttes pressées d’être aspirées par les nuées, saturées de beauté,

Libérées dans l’éther de l’emprise de la planète bleue,

Déferleront sur la terre nourricière avec générosité,

Alourdies de l’ arpège de couleurs diaprées d’un arc-en-ciel orageux,

 En le chant endiablé

 D’une perpétuelle ritournelle…

 

Paulette Cantan-Grison

 

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Spectacle d'impro avec Micheline et Louis Boland

Publié le par REGARDS

Toutes les dates des prochains spectacles de Micheline et Louis Boland avec l'association Carolo d'Improvisation en Belgique.

Pour tous renseignements complémentaires voir leur page Facebook...

 

 

 

Spectacle d'impro avec Micheline et Louis Boland

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Le vagabond

Publié le par REGARDS

Il arpente les rues,

Sous la lumière froissée de la lune cornue.

Silhouette dérisoire

Dans la nuit de satin.

Efflanqué, tête basse

Son triste compagnon,

Un chien pelé, galeux,

Le suit.

 

Il est seul dans la vie,

Mais ne s’en soucie guère.

Qu’était-il avant que de connaître

La rue et ses dangers ?

Nul ne l’a jamais su.

Il marche dans la nuit

Pour ne pas s’endormir.

Le jour, adossé à un mur,

Il somnole.

Non, il ne mendie pas !

Mais une simple boîte à ses pieds

Attend l’obole du passant.

Lové tout contre lui, son ami

Veille, ouvrant, parfois un œil glauque.

 

Il n’a plus de passé, pas de présent

Aucun avenir.

Chaque jour est comme le précédent.

Qu’attend-t-il de la vie ?

Lui-même, ne le sait pas,

Il vit tout simplement.

 

Un jour, il partira

Nul ne s’en rendra compte.

Triste sort que celui du vagabond !

 

Marcelle Betbeder

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Publication d'ami : La Rivière d’or de J. F. Zimmermann

Publié le par REGARDS

La Rivière d’or est une suite de « L’apothicaire de la rue de Grenelle », paru aux Editions du Bord du Lot, en 2011 et qui avait obtenu le Prix du Roman des Ecrivains bretons.

Il peut être lu indépendamment du précédent.

L’histoire, qui se déroule à la fin du XVIIème siècle, se situe pour partie en France, pour partie en Hollande, et pour partie aux Indes Orientales.

Elle met en scène trois frères que tout oppose. Martin, médecin, condamné aux galères pour fait de religion – il est protestant – s’enfuit en Hollande. Simon, chirurgien attaché au service du roi, catholique converti, demeure à Versailles. Paul, clerc de peu de foi, est plus attiré par les femmes et le jeu que par l’exercice de son ministère.

Tous trois ont de bonnes raisons de se détester et de haïr le Roi-Soleil.

Rien ne dispose ces trois destins, que la vie a séparés, à se croiser de nouveau.

Et pourtant, les trois frères vont se retrouver, après bien des péripéties aussi aventureuses qu’inattendues, à bord du même vaisseau, quelque part dans l’Océan Indien.

Le crépuscule du Roi-Soleil est proche. Cette lente agonie sera-t-elle facteur de rapprochement entre les trois frères ?

Publication d'ami : La Rivière d’or de J. F. Zimmermann

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Concours international de littérature des Cordées

Publié le par REGARDS

Lancement du concours international des cordées, 7è du nom.

Ce concours, en partenariat avec l'association des paralysés de France est ouvert à tous.

La remise des prix aura lieu en septembre 2014 à Paris. Le concours est ouvert jusqu'au 30 avril 2014.

 

Merci de diffuser.

 

 

Concours international de littérature des Cordées

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LE COUCOU de Alain Fauré

Publié le par REGARDS

Il était une fois…

Dans un petit village, la veille de Noël, un homme très malheureux qui rentrait chez lui car la nuit allait bientôt arriver.
Il avait passé sa journée à chercher des bouts de bois pour pouvoir se chauffer un peu, il avait aussi cherché de quoi se nourrir, mais hélas, il n’avait trouvé qu’un quignon de pain gelé.
Le chemin du retour lui paraissait pénible car il savait qu’au bout il n’y avait rien d’autre qu’une maisonnette triste et froide où il allait passer une nuit de Noël avec la faim au ventre et le cœur en chagrin.
Tout à coup, son regard fut attiré par un drôle d’objet à moitié recouvert par la neige et qui gisait dans le fossé au bord de la route.
Il ramassa l’objet en le débarrassant de cette neige qui fait tant le bonheur des enfants mais qui pour le moment lui brûlait les doigts.
A cet instant, un éclair étrange brilla dans ses yeux, il tenait une pendule à coucou et cela lui rappelait l’époque où il était un horloger heureux.
Arrivé dans son logis il déposa la pendule sur sa table vide, alluma un reste de bougie, jeta les bouts de bois dans l’âtre afin que les flammes avides lui permettent de se réchauffer un peu.
Il caressa la pendule pour enlever les dernières traces de neige. Ensuite, il alla chercher dans un coin de la pièce, une petite caisse qui contenait ses outils d’horloger, ceux-ci n’avaient plus servi depuis que sa femme était morte lors du cambriolage de la bijouterie, qu’ils avaient achetée dans la grande ville. Sa désespérance avait été tellement immense qu’il avait fuit vers ce petit village où personne ne le connaissait ; laissant son chagrin l’envahir à tel point que la vie ne signifiait plus rien pour lui.
Alors qu’il dévissait le boîtier en bois, ses mains tremblaient, de froid ou d’émotion, nul ne le sait. Lorsque les divers engrenages apparurent, il sembla y avoir des petites étincelles dans ses yeux !
Patiemment, il démonta, nettoya, huila et remonta la pendule, la posa debout au milieu de la table, la regarda et lança le mécanisme. Aussitôt un tic-tac se fit entendre et un sourire s’esquissa sur son visage. Il laissa sa tête aller en avant sur ses bras croisés au bord de la table, vaincu par la faim et le froid, il s’endormit.
Le temps passa, arriva minuit ; le coucou jaillit de la pendule pour le 1er coup du 25 Décembre, mais il ne fit pas le « Cou-cou ! » habituel, au lieu de cela, en silence, il s’envola, passa par la cheminée et se retrouva dehors, prenant la direction de l’église où les habitants du village étaient réunis pour la Messe de Minuit.
L’oiseau de bois entra dans l’édifice religieux et se posa sur l’épaule du jeune curé sous les regards étonnés des paroissiens.
Les spectateurs de cette étrange scène eurent l’impression que l’oiseau parlait à l’oreille de l’abbé ce que confirmaient les diverses expressions qui animaient le visage de celui-ci.
Le prêtre posa délicatement l’oiseau sur un lutrin et commença son homélie, à leur tour les paroissiens prirent des mines diverses au fur et mesure que se déroulait le sermon…

Une sonorité bizarre fit sortir l’homme de son sommeil, la pendule marquait une heure moins dix, nous étions le jour de Noël ! La sonorité s’intensifiait, l’homme crût reconnaître le chant « Il est né le divin enfant », il secoua la tête croyant être victime d’un mirage auditif provoqué par la faim.
Au même instant on frappa à la porte, l’homme hésita, pensant toujours que cela n’était pas réel, en effet, qui pouvait bien venir chez lui à cette heure là, ce jour là ! Il se leva, se pinça pour vérifier qu’il était bien conscient et se dirigea vers la porte derrière laquelle le chant était maintenant parfaitement audible.
Il ouvrit la porte… Aussitôt, le Coucou entra, lui tourna autour 3 ou 4 fois et alla se glisser dans la pendule. L’homme ne bougea pas, il avait les yeux si grands ouverts qu’ils donnaient l’impression que ses orbites étaient trop petites pour les contenir !
Devant lui, dans la neige qui recouvrait le chemin menant à sa demeure, se tenaient les habitants du village, ils chantaient tous, et tous avaient un présent dans les mains : certains apportaient du bois, des vêtements, des couvertures bien chaudes, d’autres de la nourriture (de la dinde rôtie, des champignons en persillade, des patates sautées, de belles tranches de pain, des morceaux de bûche, des friandises : pralines et crottes en chocolat, etc.).
Tout le village défila devant lui pour aller déposer les présents, le bois près de la cheminée, les mets sur la table qui semblait bien petite tout à coup. Les enfants et les femmes lui firent la bise, les hommes lui offrirent une chaleureuse poignée de main, tous eurent une parole aimable, lui n’arrivait pas à prononcer un mot. Seules, les larmes qui comme des perles de glace descendaient en silence sur ses joues, permettaient de mesurer son bonheur.
Le dernier à sortir de la maisonnette fut un garçonnet d’une dizaine d’années, avant de franchir le seuil, il prit les deux mains de l’homme, sans un mot car il était muet, il déposa dans l’une un billet de 10 € et dans l’autre une montre en panne, l’homme sourit et murmura «J’ai compris.».

Depuis cette nuit là, il y a un nouvel horloger au village et dans la maison de l’horloger, il y a une pendule à coucou qui fait un drôle de tic-tac, on dirait plutôt un battement de cœur !!!

Certains diront que cette histoire n’est pas vraie, car les oiseaux en bois ne volent pas !
A ceux là, je répondrais que cette histoire a eu lieu une nuit de Noël et que tout le monde sait, depuis toujours, que les nuits de Noël sont des nuits magiques !!!

 

1er prix du concours littéraire Handichef

 

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