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Merci Jean-Charles Paillet !

Publié le par REGARDS

Creuse les mots jusqu’à la vérité
Arrache les paroles à la nuit
Brise tout enfermement
Délie ta langue farouchement
 
Le présent est tien
 
Marche au son de ta voix
Avec un peu de terre et de ciel
Embrase confiant le chemin
 
Vers cet ailleurs
Dont le nom t’échappe encore
Tu reconnaîtras son visage
 
Il t'attend
 
 
 
Jean-Charles Paillet

Publié dans Poésies

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Le patio de Paulette Cantan-Grison

Publié le par REGARDS

Choc: la nouvelle me terrasse,
Tourmentée, éperdue, ma vie s’empoisonne avec fracas.
Je réfugie mon affliction dans la véranda
A la recherche d’un apaisement tiédasse.
Je déambule avec mélancolie en ce lieu charmant,
Où mes plantes gazouillent leur capiteuse beauté;
Je m’installe sur le fauteuil en osier blanc,
Les yeux mi-clos, je me délecte, m’abandonne à cette sérénité…
 
Les plantes compatissent, ondulent, se déploient -insidieusement-,
Mon univers se métamorphose -perfidement-…
Les feuilles du désespoir pullulent maléfiques et jaillissent;
Les branches noueuses répandent leurs tentacules ombrageux, en silence,
S’étoffent, tissent et enlacent leurs ramures, en sombres vitraux et opulent drapé,
Enrobant mon angoisse, et ne réussissant à la dissiper…
Ce cocon vert diabolique se rétrécit, s’obscurcit. L’étau m’enserre,
Satanique, anéantissant toute transparence.
Ce ténébreux brouillard opaque, ôte toutes nuances,
Il m’englobe, me piège dans son aile noire, dans l’éblouissement d’un vertige foliaire…
 
Oppressée, étouffée, en dyspnée, désintégrée, je suffoque: pur cauchemar palpable…
Un hurlement plaintif: mon cri effarouché, -inoubliable-,
Me réveille en un sursaut pulsatif…Mes fleurs abasourdies,
D’un air harmonieux ,éthéré et mutin,
Sourient avec ironie,
Faisant vibrer mon cœur meurtri, éteint…
Elles le baignent de parfums délicats, de couleurs chatoyantes,
M’exhortant à la félicité, en messagères bienveillantes…
 
Ce monde végétal statufié,
Prisonnier entre les baies vitrées,
Exhale une douce éternité;
Et dans l’éclat moiré du temps, soulage enfin, mon âme blessée…

Publié dans Poésies

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Printemps de poètes : Pouvoir de Guy Vieilfault

Publié le par REGARDS

Ceux-là n’ont point changé qui toujours nous gouvernent
Et dont certains, céans, prétendent qu’ils nous bernent.
Jadis, ils naissaient rois,
Juchés, d’autorité, sur de fiers palefrois,
Bardés de courtisans, comblés de favorites,
Qui donc aurait osé contester leurs mérites ?
On en connut d’aucuns, riches de déraison,
Dont l’esprit, vif autant que celui d’un oison,
Parmi tous leurs sujets était bien des plus minces.
Qu’importe : ils étaient princes,
On s’en accommodait.
Fût-il aussi sot qu’un baudet
Le seigneur était maître
Plus qu’un autre ayant eu la fortune de naître.
Ce jour, on ne naît plus :
On parvient, tout au plus.
Si l’air est différent, la chanson est bien telle
(La morgue s’agrégeant d’un soupçon de cautèle)
Que l’ouïrent nos Anciens
Entonnant le cantique en benoîts paroissiens.
Foin des bénédictions et autres patenôtres
- Ces attrape-nigauds qui longtemps furent nôtres -
Nos maîtres sont nouveaux
Qui ne répugnent point à nous baptiser veaux
Dans ces mêmes salons où de tristes figures
Racontent aux lambris de nobles gravelures.
Souverains de naissance ou monarques élus,
Ils dorment au Château, cœur léger, panse pleine,
Inventant chaque jour, de plus en plus mafflus,
Pour le peuple dévot quelque calembredaine.

Publié dans Printemps des poètes

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Un jour des femmes, quelle dérision par Marcelle Betbeder

Publié le par REGARDS

Un jour des femmes, quelle dérision !
Car la FEMME est aussi et surtout :
Elle est celle que l'on bat comme plâtre et qui en meurt,
celle que l'on excise, celle que l'on grillage,
celle que l'on lapide
celle qui n'est qu'une machine à enfanter "des enfants de sexe MALE".

Je pleure sur ces femmes que l'on martyrise,
que l'on détruit et
je pleure aussi sur celles que l'on vend comme une marchandise,
que l'on déflore dès qu'elle est pubère à 11 ou 12 ans,
sur celles que l'on viole sans souci de ses souffrances.
Non je ne veux pas de Jour des femmes,
c'est une vie qu'il faut leur redonner
Pas des fleurs !
 
 
Marcelle Betbeder

Publié dans Poésies

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