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Livret du Printemps des poètes 2017

Publié le par REGARDS

Retrouvez notre livret du Printemps des poètes 2017 !

 

 

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AME MALIENNE de YZA

Publié le par REGARDS

AME MALIENNE

 

 

L’espace de nos bras

S’est écarté

De ce qu’il faut pour y loger

L’enfant

Qui verra les moissons futures

L’ancien

Qui a fait de sa vie

L’offrande de toutes les moissons de la terre.

Le faiseur de pluie

Par qui le soleil trace son chemin

Sur la vie

D’avant et d’après nous 

 

 

L’enfant à la couleur des rêves authentiques

Son château de sable

Parfume de rêves nos raisons

Son pas trébuchant

Nous rend attentifs à la course du sang…

Encore plus que nous

Il puise sa force à la source vive du temps

 

 

La route défile

L’ami qui s’en vient

Ressemble à l’ami qui s’en va

Juste plus riche des mots reçus

Et échangés

Ses cheveux blancs

Baumes sur nos blessures

Sa parole calme

Cautère sur les plaies de nos âmes

 

 

Pour qui a su l’entendre

Sa prière accompagne

Nos gestes au quotidien

Quand nos bras se penchent

Pour porter l’enfant

Au bout de nos espérances

 

 

Derrière la parole de l’homme

Un soleil africain

Absorbe l’hydromel du ciel

Fait danser l’enfant

Au sein de sa mère

Comme les corris au fond des calebasses

Enflamme la voix des griots

Rend le tam-tam insomniaque

Et la fille nubile laisse ruisseler la sueur

Entre ses seins de vierge

 

 

A la saison des pluies

La fécondité accomplie

Son œuvre éternelle

 

 

L’enfant noir ignore tout de nos félicités sucrées

Mais il connaît le prix de l’eau

Le goût du lait sur sa langue

Chaque pierre est son jardin

Le désert la route qu’il apprivoise

 

 

Le bébé endormi sur les reins de sa mère

Connaîtra trois langues

Il vendra au marché le fruit de sa pêche

Ou la pierre de sel des hommes du désert

Qui donne le goût à la vie

 

 

Les mains de la femme retiennent la vie

Et l’eau qui chauffe sur les pierres

 

 

Elle porte sa richesse sur la tête

Son avenir dans son ventre

 

 

Couleurs primaires véhiculées par les étoffes

L’arabesque du verbe illumine le regard

Chanter est de mise

Pour les pierres les dieux et les hommes

Le rythme est nécessaire au pilon qui écrase le grain

 

 

Homme ton cœur

Ton souffle

Et tes mains

Rythment le temps

Il monte de la terre et grouille vers le ciel

Ton ivresse à l’odeur des corps qui dansent

Sueur et sang mêlés

Des chevilles blessées au métal des grelots taillés

Dans le fer blanc des conserves 

 

 

La nuit frémit d’étoiles

De l’enfant à l’homme aux cheveux blancs

La vie jaillit fébrile

Amour intemporel !

 

 

 

Yvette Vasseur (YZA)

Publié dans Artiste du jour

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