Chômage

Publié le par REGARDS

Hier, j’ai refermé la poubelle,

Triste bilan d’une vie conventionnelle.
Dans le tas, mes recherches d’emploi
M’ont rappelé tout mon désarroi.
Prostrée entre téléphones et lettres d’envoi,
J’ai effectué patiemment
Ce travail pénible et angoissant.

Je ne veux plus d’une société
Sans emploi, pot-pourri larvé
Où je m’étiole avec ces asticots vivants
Qui rongent du papier trop souvent.
Ils me révoltent, gaspillent mon temps
En parlant leur langue de bois
Pleine de vernis de peu de poids.

J’ai respiré la fleur du désespoir
Et sortirai de son triste terroir.
La routine me donne le vertige,
Je pars à la dérive et dans les airs voltige
A l’orée de mes rêves, vers plus de prestige.
Pour tourner la page, dans mon langage
J’écrirai d’autres mots et d’autres chants,
Je voyagerai au bord de rivages
Plus verdoyants s’il est encore temps.

Je dédie ce poème aux gens du chômage
S’épuisant à écrire leur motivation,
Lettres mortes de désolation.
Ces personnes, on ne les considère pas.
On croit surtout qu’elles ne travaillent pas
Et on les jette aux confins de l’oubli,
Comme ces copies désuètes parties
Au coin d’une ruelle, au fond de la poubelle.

 

                                   Florence Regnard

Publié dans Artiste du jour

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