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87 articles avec artiste du jour

Les bruits des villes et les bruits des champs

Publié le par REGARDS

J'ai lu un article qui m'a beaucoup amusée voire scandalisée: une habitante de notre département a un coq surnommé "Maurice"; les voisins de cette dame viennent quelquefois dans leur résidence secondaire et ne supportent pas les "cocoricos" donc, ils ont porté plainte; ce qui a provoqué des réactions très vives notamment de la part du maire qui soutient à fond la propriétaire de Maurice; celà m'a inspiré l'autre nuit une petite fable dont je vous fais part.

 

 

 

Les bruits des villes et les bruits des champs

 

 

 

         De notre pays le coq est l’animal emblématique

         A l’allure plutôt fière et sympathique

         Cependant son cri, tôt le matin, est si strident

         Qu’il mécontente parfois certains habitants

 

         Le maître de l’animal fut interpellé par un nouveau propriétaire

         Venu séjourner quelque temps dans sa résidence secondaire

         « Monsieur, clouez le bec à votre volatile, je suis venu me reposer

         Et s’il le faut, j’irai porter plainte aux autorités ;

         Ou voire en cachette, lui tordre le cou et le déplumer

         C’est inadmissible d’entendre ce maudit chant

         Qui, de surcroit est désagréable et horripilant. »

 

         « Monsieur, vous avez oublié que vous êtes à la campagne

         Avec ses inconvénients et ses avantages

         L’avantage c’est pour les poules, l’inconvénient, c’est son chant

         C’est ainsi, mais il faut être tolérant avec tous les environnements 

         Si vous m’invitez un jour dans votre grande cité

         Je trouverai sûrement, par le bruit, quelques contrariétés

         Les enfants du dessus qui tapent du talon

         Dans la rue, le passage des bus, autos et camions

         Et ce grondement souterrain, qu’on appelle métro

         Qui, dès potron-minet emmène les parisiens au boulot ;

         Monsieur, j’ai une idée, mon coq a besoin de compagnie

         Je vais lui présenter un ami qui prendra soin de lui

         J’ai pensé à un âne, un superbe baudet

         Peut-être feriez-vous l’affaire, en voisin bien élevé ! »

 

 

Jacqueline Farineau

 

 

 

 

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DIRE LA PAGE

Publié le par REGARDS

de notre ami François Fournet !

Bonne lecture !

DIRE LA PAGE

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Fête des mères... Les mamans oubliées

Publié le par REGARDS

En cette journée lumineuse

Chaque maman est merveilleuse.

Et son enfant se souvient…

Que le monde ne serait rien

Sans ce précieux bien.

 

Oui, le soleil inonde les cœurs

De ces mamans à l’honneur.

Qui, entourées de leurs enfants

Savourent doucement

L’instant présent...

 

Mais il reste tant de mères

Tristes et solitaires…

Qui se demandent pourquoi,

Les autres sont dans la joie

Sans qu’elles aient ce droit

 

Ce sont des mères meurtries

Que leurs enfants oublient

Où n’ont d’autres soucis

Que de lancer des défis…

A celles qui leurs donnèrent la vie

 

Ils ont gommé de leur mémoire

Ce sublime livre d’histoires

Où se raconte comment une maman,

Joli puits de doux sentiments,

N’oublie jamais son enfant

Et qu’elle offre sans détour

Tout ce qu’elle a d’amour.

 

Jacqueline. L

 

 

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UN PEUPLE REVEUR

Publié le par REGARDS

UN PEUPLE REVEUR

 

Ah vous le dirais-je prince intelligent

Votre si beau pays meurt mélancolique

Ainsi il s’approprie la belle réplique

D’une révolution, ce qui est fort rageant

 

Il pourrait en somme jeter la boussole

Penser à votre nom à votre honneur surfait

Envier les fortunes, du plus mauvais effet

Hâtez vous de changer, idée qui console !

 

Sur cette planète Rêve se promène

En chantant l’avenir, bonheur des amoureux

Sur la force d’espoir, ils chantent valeureux

Graves politiques, fols énergumènes...

 

Martine Goblet

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Un phare au loin....

Publié le par REGARDS

Un phare épie
Rivage piétiné
Mer si paisible
 
 
DESLou
Un phare au loin....

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AME MALIENNE de YZA

Publié le par REGARDS

AME MALIENNE

 

 

L’espace de nos bras

S’est écarté

De ce qu’il faut pour y loger

L’enfant

Qui verra les moissons futures

L’ancien

Qui a fait de sa vie

L’offrande de toutes les moissons de la terre.

Le faiseur de pluie

Par qui le soleil trace son chemin

Sur la vie

D’avant et d’après nous 

 

 

L’enfant à la couleur des rêves authentiques

Son château de sable

Parfume de rêves nos raisons

Son pas trébuchant

Nous rend attentifs à la course du sang…

Encore plus que nous

Il puise sa force à la source vive du temps

 

 

La route défile

L’ami qui s’en vient

Ressemble à l’ami qui s’en va

Juste plus riche des mots reçus

Et échangés

Ses cheveux blancs

Baumes sur nos blessures

Sa parole calme

Cautère sur les plaies de nos âmes

 

 

Pour qui a su l’entendre

Sa prière accompagne

Nos gestes au quotidien

Quand nos bras se penchent

Pour porter l’enfant

Au bout de nos espérances

 

 

Derrière la parole de l’homme

Un soleil africain

Absorbe l’hydromel du ciel

Fait danser l’enfant

Au sein de sa mère

Comme les corris au fond des calebasses

Enflamme la voix des griots

Rend le tam-tam insomniaque

Et la fille nubile laisse ruisseler la sueur

Entre ses seins de vierge

 

 

A la saison des pluies

La fécondité accomplie

Son œuvre éternelle

 

 

L’enfant noir ignore tout de nos félicités sucrées

Mais il connaît le prix de l’eau

Le goût du lait sur sa langue

Chaque pierre est son jardin

Le désert la route qu’il apprivoise

 

 

Le bébé endormi sur les reins de sa mère

Connaîtra trois langues

Il vendra au marché le fruit de sa pêche

Ou la pierre de sel des hommes du désert

Qui donne le goût à la vie

 

 

Les mains de la femme retiennent la vie

Et l’eau qui chauffe sur les pierres

 

 

Elle porte sa richesse sur la tête

Son avenir dans son ventre

 

 

Couleurs primaires véhiculées par les étoffes

L’arabesque du verbe illumine le regard

Chanter est de mise

Pour les pierres les dieux et les hommes

Le rythme est nécessaire au pilon qui écrase le grain

 

 

Homme ton cœur

Ton souffle

Et tes mains

Rythment le temps

Il monte de la terre et grouille vers le ciel

Ton ivresse à l’odeur des corps qui dansent

Sueur et sang mêlés

Des chevilles blessées au métal des grelots taillés

Dans le fer blanc des conserves 

 

 

La nuit frémit d’étoiles

De l’enfant à l’homme aux cheveux blancs

La vie jaillit fébrile

Amour intemporel !

 

 

 

Yvette Vasseur (YZA)

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Le cochon de Robert Bonnefoy

Publié le par REGARDS

Le cochon de Robert Bonnefoy

CHEZ mon petit boucher, près du pont, sur le cours,

MOI, j'écoute toujours ses ragots dans l'échoppe,

QUAND il parle du porc en coupant l'escalope.

ON imagine bien les mots de son discours…

 

TUE sous grand renfort de vin blanc sec et court,

LE goret dort, pendu, le regard d'un cyclope…

COCHON comme il se doit, le tueur et sa clope

TOUT en vociférant, boit dans la basse - cour…

 

LE feu est alors mis sur les soies et la paille :

MONDE de bactéries qui vivent par dépôt…

" Rit - on beaucoup chez vous ?… Un barbecue ?… Ripaille ?…"

 

"SAUF que dans ce bûcher, nous sommes la tripaille !…"

LE charcutier jubile en poussant son chapeau,

COCHON comme son nez, rose comme sa peau…

 

 

Sonnet en acrostiche

                                                                       Robert Bonnefoy

 

d'après Edgar Faure

"Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde rit. Sauf le cochon ! "

 

 

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Les Agneaux de l'Oubli de Xavier Silvio BARBERA

Publié le par REGARDS

Les Agneaux de l'Oubli

( Berceuse dite « baudelairienne » ou de Rollinat )

 

 

Mon compagnon, viens donc, pressons le pas, pressons

Sur l'hymne des adieux, viens donc, voici l'aurore.

L'Aquilon des sommets nous hèle, gravissons

Charmer un sol qu'un ciel ensoleillé colore...

Mon compagnon, viens donc, pressons le pas, pressons.

 

" Ô Seigneur, disais-tu, ne finirai-je pas

De souffrir, quand viendra l'ultime fin, mon heure ?

Laisse-moi m'enchanter dans le sceau du trépas,

Permette qu'un soupir ainsi voulu m'effleure.

Ô Seigneur, disais-tu, ne finirai-je pas ? "

 

Viens sur ce jour-tumulte aux accents de l'oubli ;

Affûte ton fusil : un combat nous réclame.

Ah ! quel doux souvenir que le sang ennobli,

Quand la gloire posthume est d'une grandeur d'âme !

Viens sur ce jour-tumulte aux accents de l'oubli.

 

Nous sommes deux guerriers parmi la frondaison,

Notre sueur s'assemble aux larmes du supplice...

Le vacarme des chars a noyé ma raison ;

Le vautour guette encor la proie avec délice !

Nous sommes deux guerriers parmi la frondaison.

 

Pour assouvir ta soif éternelle, tu vas

Vers le champ de bataille aux multiples souffrances.

Grondant : " Qui sommes-nous ! Des infimes appâts ? "

Mais de nos cris l'écho bercera les silences...

Pour assouvir ta soif éternelle, tu vas.

 

Ah...mon ami, je vois la Faucheuse accourir

Empressée, où bien loin, l'espérance m'emporte.

Que j'aime à me revoir sauvé ! c'est ça mourir ?

Je chevauche le souffle ailé, lequel m'exhorte ;

Ah...mon ami, je vois la Faucheuse accourir.

 

 

Xavier Silvio BARBERA

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LETTRE DU MANUSCRIT 424 A UN ÉDITEUR de Marie-Noëlle Hôpital

Publié le par REGARDS

Monsieur ou Madame ou bien Mademoiselle,

 

 

Me voici froissé, flétri, écorné devant vous. J'ai été déchiré au fil des années … Je sais, je ne suis guère présentable mais les photocopies coûtent cher. J'ai voyagé de maison d'édition en maison d'édition sous différents matricules : 424, 1470, 36885 … Je suis passé de main en main, de facteur en vaguemestre, de secrétaire en lecteur, inlassablement. J'ai été palpé, usé jusqu'à devenir transparent. Et me voilà, tout tremblant, pour un dernier voyage.

J'ai toujours été repoussé avec des accusés de réception courtois, des lettres types, des compliments parfois. Quelques mois après l'envoi, le couperet tombait : "ne correspond pas à notre ligne éditoriale" , "n'a pu être retenu" ,"notre programmation est déjà complète" ,"nos moyens ne nous permettent pas de vous publier" …

Comme aurait dit Sartre, je suis de trop, ma masse de papier superflue gêne et encombre dans l'antichambre. Seule ma génitrice m'aime encore ; pour combien de temps ? Ma pauvre mère se couvre de rides elle aussi, le fruit de ses entrailles est sempiternellement rejeté.

Dernièrement, elle a assisté à une conférence au cours de laquelle son éditeur favori a évoqué la solitude du lecteur de fond englouti sous le tas de tapuscrits grisâtres ; pas question de lire cette manne indigeste, d'ingurgiter ces mauvais feuillets, cet exécrable galimatias.

Maman entendit ceci : "Vous n'imaginez pas combien de gens se croient écrivains" ; et l'éditeur de fustiger ceux qui avaient l'audace de téléphoner, l'outrecuidance de se manifester et d'abord l'idée sotte et saugrenue d'adresser des textes par la poste, comme si la maison n'avait que ça à faire, à donner des consultations gratuites à des importuns, fort nombreux de surcroît.

Du coup, vu mon grand âge, je suis en sursis ; si vous ne m'acceptez pas, vous, mon ultime recours, Maman allumera une belle flambée, je noircirai, je serai dévoré, réduit en poussière. Seul mon titre cartonné résistera un peu plus longtemps. Je m'intitule "LES RÊVES BRISÉS". Mon anonymat prolongé ressemble à un coma ; mais la flamme aura raison de ma vie si vous n'intervenez pas promptement.

Donnez-moi des petits, je vous en supplie, multipliez-moi, vous, ma dernière chance, ma dernière planche de salut.

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Un si joli jardin de Jacqueline Farineau (fin)

Publié le par REGARDS

« bonjour mes petits chéris, vous grandissez bien ? Tout va bien ? » disait-elle

« bonjour Léon et Léontine ! » disait-il et il faisait claquer sa langue pour les interpeller ; les petits ont vite compris qu'ils étaient des amis et clignaient des paupières en les regardant.

La croissance des enfants était rapide, ils devenaient des adolescents ; un jour, Léon s'est élancé et a volé quelques centimètres pour se poser sur une branche proche du nid, aussitôt imité par sa sœur ; deux jours plus tard, ils étaient perchés sur l'antenne ; Roro et moi posés sur le toit de l'appentis du jardin, nous surveillions leurs premiers vols, à la fois fiers et inquiets ; durant ce temps, l'appareil photo travaillait !!!!

Un matin, ils ont pris leur essor et se sont envolés vers le petit bois pour retrouver la communauté des colombidés ; ils n'ont plus besoin de nous, ils sont autonomes ; mais nous espérons que lorsque l'un ou l'autre voudront fonder une famille qu'ils retrouveront ce si joli petit jardin avec son olivier et le gros chat qui dort dessous ; là où n'est que calme et sérénité !!

Un si joli jardin de Jacqueline Farineau (fin)

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