Le vagabond
Il arpente les rues,
Sous la lumière froissée de la lune cornue.
Silhouette dérisoire
Dans la nuit de satin.
Efflanqué, tête basse
Son triste compagnon,
Un chien pelé, galeux,
Le suit.
Il est seul dans la vie,
Mais ne s’en soucie guère.
Qu’était-il avant que de connaître
La rue et ses dangers ?
Nul ne l’a jamais su.
Il marche dans la nuit
Pour ne pas s’endormir.
Le jour, adossé à un mur,
Il somnole.
Non, il ne mendie pas !
Mais une simple boîte à ses pieds
Attend l’obole du passant.
Lové tout contre lui, son ami
Veille, ouvrant, parfois un œil glauque.
Il n’a plus de passé, pas de présent
Aucun avenir.
Chaque jour est comme le précédent.
Qu’attend-t-il de la vie ?
Lui-même, ne le sait pas,
Il vit tout simplement.
Un jour, il partira
Nul ne s’en rendra compte.
Triste sort que celui du vagabond !
Marcelle Betbeder