LE CAPRICE DE LA ROSE de Johanne Hauber-Bieth
le caprice de la rose
La Rose, un beau matin, ne voulut plus séduire.
Elle décida lors de ne plus sentir bon !
“Cela ne suffit guère, encor faut-il réduire
L’éclat de votre mine... ou rayonne un beau ton !”
Fit remarquer le lys en admirant la belle ;
Lui, se trouvant si beau, prisant sa propre odeur,
Ne pouvait pas comprendre, à la fin, la rebelle.
“Pourquoi cette lubie à vouloir la tiédeur ?
Décidément, Madame, où part votre jugeote ?
Vous aurez bien le temps d’avoir vilain aspect
Quand vous vous fanerez, que vous serez vieillotte...
Votre soudain tracas me semble un peu suspect !”
“C’est qu’à trop plaire, hélas, l’on n'est jamais tranquille”
Lui répondit la rose, “et moi, je veux la paix !”
“Tout ce bruit fait pour moi me déplaît, m’horripile.
Aujourd'hui je dénonce un dégoût vil, épais,
D’être toujours la reine, ici bas, que l'on coupe
Car je parle d’amour, parfois de passion,
Lorsque je me retrouve en vase, en pot, en coupe !
À moi me parle-t-on rempli d’émotion ?”
Le lys, compréhensif, plaignit la demoiselle ;
Lui qui pour secourir était toujours dispos
La regarda de face et, se penchant vers elle,
D’une voix de stentor, lui tint lors ces propos :
“Vous devriez savoir pourtant que cœur de femme
Pour réjouir un homme a besoin d’être ému !
Si l’homme use de vous pour déclarer sa flamme
C’est que tout votre éclat, par le monde, est connu !”
Épilogue
C’est ainsi que la fleur, de toutes, merveilleuse,
Flattée à l’évidence oublia son chagrin :
Son rôle était de plaire en fragrance enjôleuse ?
Son parfum, sur-le-champ, s’exhala souverain !
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Ce texte n'est pas passé dans notre revue de juillet... Le voici illustré du tableau d'Andrée Dubois... Et nos excuses auprès de l'auteur !