POEME DU JOUR
L’ARC-EN-CIEL ET LE VENT
Au-dessus d’un lac sans ride,
Un arc-en-ciel majestueux
Déployait l’arche fluide
De son vitrail somptueux.
Du ciel encore tendu de gris
Perlaient les fines gouttelettes
D’une bruine discrète.
L’arc-en-ciel, chatouilleux, en vit ses feux ternis.
"Otez vous donc de là ! Ces larmes m’importunent."
La pluie dit vertement : "Hé ! de votre infortune,
Je ne suis point responsable, l’ami !
Allez voir les nuages ; voilà les vrais coupables."
L’arc-en-ciel poussa des cris épouvantables :
"Holà ! Déguerpissez ! Le gris souille mon âme !"
Les nuées grondèrent : "Dame !
C’est le vent qui nous envoya paître ici.
Adressez vous à lui."
Et l’arc, haussant son rouge à l’écarlate,
Accusa l’alizé de violer ses pénates.
Le vent était un sage ;
Il résolut de corriger l’impertinent.
Il chassa les nuages ;
La pluie les suivit, naturellement.
Et sur le ciel, d’azur repeint,
L’on ne vit plus rien...
Telle est l’erreur commune à bien des insensés :
scier la branche à laquelle ils se sont accrochés.
Monique Mérabet
974 - St-Denis de la Réunion