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Le cochon de Robert Bonnefoy

Publié le par REGARDS

Le cochon de Robert Bonnefoy

CHEZ mon petit boucher, près du pont, sur le cours,

MOI, j'écoute toujours ses ragots dans l'échoppe,

QUAND il parle du porc en coupant l'escalope.

ON imagine bien les mots de son discours…

 

TUE sous grand renfort de vin blanc sec et court,

LE goret dort, pendu, le regard d'un cyclope…

COCHON comme il se doit, le tueur et sa clope

TOUT en vociférant, boit dans la basse - cour…

 

LE feu est alors mis sur les soies et la paille :

MONDE de bactéries qui vivent par dépôt…

" Rit - on beaucoup chez vous ?… Un barbecue ?… Ripaille ?…"

 

"SAUF que dans ce bûcher, nous sommes la tripaille !…"

LE charcutier jubile en poussant son chapeau,

COCHON comme son nez, rose comme sa peau…

 

 

Sonnet en acrostiche

                                                                       Robert Bonnefoy

 

d'après Edgar Faure

"Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde rit. Sauf le cochon ! "

 

 

Publié dans Artiste du jour

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Concours Regards 2016-2017

Publié le par REGARDS

Les nouveaux règlements de nos concours 2016-2017 sont en ligne.

Deux concours littéraires :

Le 19è concours international de littérature Regards

Le 10è concours international de littérature des Cordées

Concours d'art postal des cordées (à venir)

Concours Regards 2016-2017

Publié dans concours

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VOLENT LES PLUMES d'Hélène Porcher

Publié le par REGARDS

Ils étaient tous agglutinés les uns aux autres, les yeux écarquillés, regardant quelque chose sur le sol…

Un bruit de pas dans les herbes sèches les fit se retourner.

Chuchotements… -« Ce sont les poulets…Les flics !!!… ».

Il avança, droit et sûr de lui, fier comme un coq de basse-cour, enregistrant d’un seul coup d’œil tous les détails de la scène et des occupants et sans s’occuper du reste il marcha à grands pas assurés vers le centre d’attraction.

- « Elle est morte ? demanda-t-il à la personne à genou à côté d’une blessée.

- Non, mais amochée, elle s’est débattue mais elle y a laissé des plumes !

- Elle va manquer de panache pour son prochain spectacle.

- Vous avez de l’humour inspecteur !

- Ne me flattez pas j’ai horreur de ça. Vous avez son identité ?

- Je ne connais que son prénom, Rosine, c’est la « chère cocotte » du pharmacien.

- Il est là ?

- Oui, il pleure là-bas, on l’a empêché d’approcher.

- Cela s’est passé comment ?

- Ben on n’a pas vraiment vu, on était au poulailler quand elle donnait son spectacle sur scène ! Elle était superbe avec tout son tralala qui voletait autour d’elle, nous étions fascinés et c’est alors qu’un grand rouquin s’est précipité, il lui a foncé dans les plumes et a essayé de l’enlever. Elle s’est défendue, bec et ongles, il fallait voir ! Le temps que l’on arrive à son secours, le rouquin s’est enfui sans demander son reste !

- Ah voilà, elle se relève, ça va ?

- On dirait que j’ai un coup dans l’aile, mais je crois que je ne m’en sors pas trop mal !

- Vous connaissiez votre agresseur ?

- Oh oui, cela fait un moment qu’il nous tournait autour avec ses petits yeux gourmands et son museau de fouine, mais vous savez, nous avons l’habitude ! Il n’est pas le seul de son espèce, ce sont des grands amateurs de nos spectacles, mais plus encore de nos croupions emplumés !

- Mais n’avez-vous pas de protecteurs ?

- J’ai un ami, le pharmacien, et puis les autres de la troupe veillent autant qu’ils peuvent mais que voulez-vous, ils ne peuvent rester autour du théâtre des opérations toute la nuit !

- Bon je vais dresser procès-verbal, et nous allons organiser des rondes pendant plusieurs jours, Ils sont malins ces renards, mais si nous l’attrapons il regrettera d’être tombé dans nos pattes !

- Monsieur Lecoq ! Le commissaire au téléphone !

- Bon excusez-moi, on va vous aider et vous allez pouvoir vous réchauffer, vous avez la chair de poule. Au revoir !

- Au revoir monsieur l’inspecteur !

- Bon, les gars, on fait la garde à tour de rôle et à mon avis, le pharmacien qui a  eu très peur pour sa protégée et son entourage, vont certainement s’arranger pour clore ce poulailler mieux que cela, le goupil ne pourra plus entrer. Mais gardons l’œil et visons le sien !

- ET VISONS LE SIEN ! répondirent les autres en chœur.

Et tout en caquetant les volailles rentrèrent dans leurs nids, le pharmacien emportant Rosine chez lui, au creux de son bras, pour soigner ses plaies. Pensez-donc c’est sa meilleure pondeuse en plus !

H. Porcher 16-11-10

 

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Revue 2000 Regards en téléchargement gratuite en PDF

Publié le par REGARDS

Retrouvez notre revue en téléchargement gratuit en cliquant sur le lien ! Et n'hésitez pas à nous envoyer vos commentaires et vos oeuvres pour d'éventuelles publications.

Bonne lecture !

 

http://www.regards.asso.fr/Revues/revue_octobre_2016.pdf

Revue 2000 Regards en téléchargement gratuite en PDF

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