Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

ÉPIDEMIE DE BONHEUR !

Publié le par REGARDS

Oh ! Un cas de bonheur détecté en Asie !
Ne riez pas, l’heure est très grave !
L’OMS est incompétente, une hérésie !
Tous les psy le savent,
Il faut être inflexible !
 
Les savants, philosophes et autres psychologues
De tous pays accourent pour étudier le cas.
Les médias se répandent, la chose atteint les blogues,
L’humanité entière suspendue à leur pas...
La chose est-elle transmissible ?
 
Les touristes heureux sont testés au retour.
Parqués en quarantaine, ils invoquent l’amour !
Va-t-on tous les brûler comme autant de nuisibles
Avant que thérapie soit devenue possible ?
Combien seront atteints, qui vivaient du malheur ?
 
Des foyers se révèlent en pays exotiques.
Craignant pour leur commerce, ils chassent l’hérétique !
Le bonheur n’a besoin que d’espaces restreints
Tant il rayonne autour du plaisir qu’il étreint !
Évacués, les porteurs du virus rentrent.
 
Les citoyens porteurs sains, qui vivaient bien cachés
Se groupent illico en docte association.
La seule thérapie, ils n’en sont pas fâchés,
Est celle qui se garde de toute exposition.
"Pour vivre heureux, vivons caché"
 
Mais le cas est si grave qu’il faut manifester !
Libérez les heureux, ils ont le droit de vivre !
Pandémie de bonheur n’est pas France infestée !
Ouvrez les cadenas, retournez à vos livres,
Où ma foi le bonheur s’écrit en majuscules...
 
C’est ainsi que le bonheur est acceptable,
Lové au fond des cœurs, écarté des intrus
Qui, vivant du malheur, le rendent intolérable,
En occupant l’esprit de dogmes incongrus.
Vaccin contre bonheur jamais n’existera !
 
Vaccin contre malheur ne faisant pas recette
Accueillons mes chers frères cette idée de bonheur
Qui offre généreux ses multiples facettes
En ce jour de Noël qui rime avec meilleur.

Amen.

Bernard Dausse

Publié dans coups de coeur

Partager cet article

Repost 0

LE PRESENT

Publié le par REGARDS

 

Le présent est comme une roche
Qui se tient dans l'azur bleuté
Au passé, au futur s'accroche
Mais demeure en l'éternité.
 
Le présent est présent encore
Il est source de l'avenir.
La mémoire, au présent, picore
Les graines d'un doux souvenir.
 
Le présent est présent sans cesse
C'est le temps qui nous est donné.
Le désir, au présent, caresse
Le galbe d'un futur rêvé.
 
Quand le ciel créa le présent,
Pour le roi ou pour les bergères,
Il en créa suffisamment
Sur le lys et dans les fougères.
 
Vis le présent comme un cadeau
Un cadeau qu’on nomme présent.
 
 Anne Memet

Publié dans 2000regards

Partager cet article

Repost 0

TEMOIGNAGE

Publié le par REGARDS

A ma naissance, en 1951, la sage femme, une bonne sœur, m’a sauvé la vie en me ranimant. Les médecins étaient absents, trop occupées à faire la fête.
 
A deux ans, mes parents se sont rendus compte de mon handicap, car je ne marchais pas et ne parlais pas. Ma mère est allée voir un pédiatre qui lui a dit qu’elle avait déjà la chance que je sois en vie, et intelligent.
 
Infirme moteur cérébral, je n’ai pas connu la chance de parler, de marcher, de m’amuser avec des copains de mon âge, et pourtant, ce n’était pas l’envie qui me manquait… Lorsque je voyais des garçons jouer au ballon, je trépignais de rage. Ma grand-mère avait toutes les peines pour me tenir.
 
En 1951, être handicapé, c’était peu courant. Dans la rue, je faisais l’attraction des passants ; que de réflexions stupides, à mon égard : "Oh madame ce que je vous plains d’avoir un enfant comme ça ! Est-il intelligent ? Il aurait dû mourir à la naissance…"
 
Avec une patience admirable, ma mère m’a appris à lire, à écrire et à compter. Puis au centre Henri Gormand, à Ecully, des éducatrices m’ont appris à taper à la machine avec un stylet et un guide doigts. J’ai acquis un niveau de certificat d’études. Après un long apprentissage de la machine à écrire, j’ai suivi des cours par correspondance, et j’avais droit à un soutien à domicile. Une institutrice, handicapée, m’a donc aidé pour mes cours… La première fois qu’elle m’a vu, elle a été perturbée par mon handicap, elle croyait que j’étais débile, mais avec le temps, on s’est beaucoup appréciés.
 
Lorsque je suis arrivé à taper à la machine, rien qu’un mot, ce fut une grande joie, et pouvoir communiquer avec mes proches, c’était extraordinaire !
 
Vers 17 ans, je composais mes premiers poèmes et surtout, à cette époque, je n’avais que ma machine pour m’exprimer. Ne pouvant pas emmener ma machine, j’affrontais difficilement le dialogue avec les personnes extérieures.
 
Un jour, j’ai demandé aux ergothérapeutes de me fabriquer un clavier Azety, fixé à mon fauteuil et par la suite, pendant des années, j’ai pus montrer les lettres du clavier avec mon pouce gauche. Une grand partie du personnel me comprenait très bien… mais, depuis six mois environ, mes membres se sont atrophiées, il a fallu modifier le clavier en trois blocs.
 
En bas du clavier, un petit résumé de trois lignes, explique comment dialoguer avec moi et je trouve que cette nouvelle méthode, plus directe, est plus rapide que Dialo.
 
J’ai aussi une synthèse vocale appelée Dialo, celle-ci me permet d’écrire des messages à l’avance, comme par exemple transmettre quelque chose d’important à un médecin sans l’aide de quelqu’un.
 
En progressant encore avec Dialo, je pourrais presque communiquer à l’extérieur, tandis qu’avec le clavier, personne n’aura la patience de me comprendre, sauf mes proches.
 
 Christian Blanchard
 

Publié dans 2000regards

Partager cet article

Repost 0

POUR LE CLUB DU LECTEUR-ACTEUR

Publié le par REGARDS

J’ai lu Ourania de J.M.G. Le Clézio, roman paru chez Gallimard en 2006.
 
            Pour information : J.M.G. Le Clézio, licencié es lettres, a travaillé à l’université de Bristol et de Londres, et séjourné au Cambodge et au Mexique. Outre ses romans, il a consacré de nombreux essais à plusieurs civilisations nomades menacées de disparaître, tant en Amérique latine qu’au Sahara.
J’ai retranscrit cette présentation de l’auteur pour mettre en éclairage dans quel esprit se situe ce roman d’Ourania : un livre, une sorte d’épopée entre histoire, conte, mysticisme et poésie ; un livre avec l’œil d’un ethnographe anthropologue ; un livre dans un monde d’enfants (et de sages) en recherche… un livre d’utopie.
Disons, pour en cerner l’atmosphère, qu’il y a, dans cet ouvrage, des modèles : Utopie de Thomas Moore ; Campos, cité bâtie au Mexique par des jésuites au 19ème et, peut-être, Le Petit Prince de Saint Exupéry, dans ses rencontres avec les humains.
Ourania est un recueil où s’expriment un géographe en mission, un guide pour aller vers la république idéale de Campos, un rêve humaniste de l’Emporio et l’amour (sous diverses formes). On y trouve des rêveurs, des angéliques, des justiciers, des contemplatifs, mages, conseillers, guides… d’aucuns pourraient dire des personnages initiatiques. Le décor y est de légendes, de robinsonnades, de leçons de choses, de mystères, de greniers à rêves, d’enfance. L’atmosphère se décline en ‘ailleurs’ : une quête, une pureté, une attente…
En quelques mots, j’ai trouvé, dans Ourania, une vie imaginaire –faisant écho à la mienne, une histoire –qui a à voir avec la mienne, mais aussi un lieu de savoir –comme quoi un roman peut l’être, dans le sens que j’ai appris de nouvelles choses, bien sûr, mais aussi et surtout dans les sens de la maïeutique (pouvant être traduit par ‘accouchement’ de sa propre réflexion avec l’aide de… ici, un roman), de révélateur à sa vie. Ourania, un passeur…
Ci-après, quelques extraits glanés le long du parcours et qui m’ont interpellée : il ne faut pas oublier que je m’inscris comme lecteur –acteur !
(… A noter que je n’ai relevé, ici, que ce que j’ai envie de partager : aparté, ce commentaire restrictif du nombre, trop important, de personnages –tous quasiment principaux, et des histoires qui s’intriquent comme miroir, reflets des unes aux autres- liens parfois factices bien que l’auteur ait écrit en p. 278 : Il m’a semblé que d’une certaine façon, il y a un lien logique entre l’aventure de L’Emporio et celle de Campos. De même parfois j’ai grincé des dents, entre autre de p. 199 à 204 ; là, le conseiller pourrait s’apparenter à un gourou d’une secte, ou, pour le moins, à un zélateur, prosélyte, recruteur d’adeptes.)
            Pour en revenir à notre propos et le ‘pourquoi’ j’ai relevé ces notes :
- p .65 : Nous sommes ici dans le pays rêvé des utopies. Nous sommes hors du temps, c’est un peu nulle part… 
parce que ma devise, au cadran solaire, est : Donne de toi et t’en trouve plein de soleils… M.
- p. 80-81 : La terre est notre peau. Comme notre peau, elle change, elle vieillit, elle s’affine ou s’endurcit selon les traitements qu’elle reçoit, elle se craquelle, elle se blesse…
            parce que mon corps a des traces –cicatrices d’accidents, d’opérations ; mais aussi des cernes et poches sous les yeux, des relevés d’épaules, une marche parfois en déséquilibre ; ou encore, et surtout, plein de ridelles rieuses autour du regard, un front craquelé par l’étonnement et/ou l’observation ; quant au béat de la bouche…
- p. 165 : Tous ceux qui viennent à Campos sont au bout de la route, ils n’ont pas d’autres endroits où aller…
            parce qu’en PS de mes textes j’écris parfois ‘Elle ne peut aller, plus longtemps, nulle part…’
- p. 204 : Je sais seulement que le monde est grand, que personne ne possède rien hormis ce qu’il fait…
            parce que la pensée que j’ai gardée de mes années d’école, écrite au tableau noir : ‘On reconnaît l’arbre à ses fruits’…
- p. 95-96 : Il n’y a pas d’école à Campos, c’est le village tout entier qui est une grande école… Ici on enseigne en conversant, en écoutant des histoires ou même en rêvant, en regardant les nuages… Il dit que nous devons apprendre tous à être petits pour devenir des humains… (Et p. 146-147) il m’a dit que ce n’est pas mal de faire quelque chose d’agréable… C’est cette nuit que j’ai commencé à aimer…
            parce que je fus enseignante et formateur d’adultes, et que je crois avoir appris durant ce temps là que l’on ne peut transmettre que ce que l’on a, ce que l’on est, ce qu’on a regardé, écouté, senti, expérimenté ; et que le savoir est un trésor de vases communiquants. Il est comme le voyage : l’important n’est pas l’arrivée, mais le cheminement…
Car…  p.30 : Notre école c’est tout le temps, le jour, la nuit, tout ce que nous disons, tout ce que nous faisons…
Pourquoi ? p. 31 : (Raphaël) regardait tout avec attention comme si ce qu’il voyait était incroyablement nouveau. Il ne s’est pas étonné que je l’accompagne…
            parce que ce club du lecteur, acteur me stimule à m’arrêter –dans la lecture, dans l’histoire ; à goûter, à faire silence pour écouter, m’écouter –au lieu de lire en diagonale pour aller vers ce que je sais, ou crois savoir ; à peser chaque phrase pour me mettre en harmonie, comparer s’il y a concordance avec l’expression de l’auteur, la mienne et celle que je pourrais (et comment je le pourrais), que je voudrais partager avec ce club, au moment du compte rendu. J’ai remarqué aussi que le fait de devoir partager ma lecture, cela me faisait obligation, parfois, de revenir en arrière, quand j’ai la sensation d’être passée à côté de quelque chose d’important…
Alors je relève des bribes de phrases : les mots cueillis donnent des ailes à ma plume pour écrire… Essayez ! C’est curieux, mais ces morceaux glanés s’édifient, s’emboîtent telle une construction : celle d’une histoire de soi, une facette d’atmosphère qui émerge comme l’image lumineuse d’un kaléidoscope…
            Oui, ces mots recueillis me donnent à voir une autre histoire que celle du livre, une histoire qui serait la mienne et qui resterait à ‘découvrir’ en la soumettant au regard, miroir, de l’autre, du club, de toi…
- p.29 : Le monde est plein de choses très belles et on pourrait passer sa vie sans les connaître…
            parce que Le Petit Prince m’avait révélé, enfant, qu’un renard peut être apprivoisé et qu’une rose peut être unique… Or là est le vrai, le bien, le beau…
Monique Pourre

Publié dans 2000regards

Partager cet article

Repost 0

SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE

Publié le par REGARDS

  La région de Galice offre au touriste la diversité de ses reliefs et la variété de ses côtes rocheuses, aussi découpées que celles de Norvège. Montagneux et maritime, ce pays contrasté possède une végétation luxuriante, presque méditerranéenne, près des massifs de granit qui bordent l’océan. C’est dans cette pierre granitique que furent bâtis demeures des villes et des villages, remparts, châteaux, calvaires, oratoires, chapelles, églises, monastères, œuvres nombreuses qui jalonnent les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Le granit, c’est aussi la matière première des statues qui ornent les croix et les façades des édifices religieux, des sculptures qui décorent constructions sacrées et profanes de la belle province.

Au cœur d’un centre ancien magnifiquement préservé, s’élève la cathédrale dédiée à l’apôtre Saint Jacques, lieu de pèlerinage aussi célèbre que Rome, Jérusalem ou La Mecque. Les motivations des pèlerins sont généralement religieuses, mais de nos jours, les randonneurs qui empruntent "el camino" sont parfois poussés par bien d’autres mobiles, artistiques, esthétiques, historiques, culturels, touristiques, voire sportifs. Une récente comédie de Coline Serreau Saint-Jacques…La Mecque évoque plaisamment des profils de marcheurs fort inattendus et rien moins que mystiques.

Saint-Jacques de Compostelle se développe grâce à la découverte des restes de l’apôtre, reliques réelles ou supposées telles, au IXe siècle ; l’emplacement de la sépulture fut indiqué à un ermite par des faisceaux lumineux, d’où le nom attribué à l’endroit (campos, champ, stelle, étoile). Dès le Moyen Age, Saint-Jacques fut le but d’importants pèlerinages ; à l’époque, la coquille, très commune dans les eaux de Galice, permettait de prouver que le périple avait bien été accompli. De nos jours, le chemin demeure très fréquenté et la cathédrale manifeste avec éclat la puissance et la richesse d’une Eglise catholique liée à l’histoire de la monarchie espagnole.
La façade principale, dite de l’Obradorio, joyau baroque d’une extrême exubérance, rappelle la tradition d’orfèvrerie de la cité ; tout se passe comme si les sculpteurs s’étaient métamorphosés en orfèvres, ciselant la pierre avec un raffinement subtil, lui conférant une extraordinaire luxuriance. Mais attention, une façade peut en cacher une autre, plus ancienne ; à l’abri de la première, se dresse le majestueux ensemble du portail de la gloire, merveille de la sculpture romane qui donne une superbe vision de l’Apocalypse.
Il faut contempler longuement musiciens, anges, apôtres, prophètes qui paraissent doués de vie et de mouvement ; rien n’est rigide ou figé dans leurs postures ou leurs visages, graves ou souriants, ordonnés autour de Jacques le Majeur et du Christ en Majesté. Une colonne sculptée représentant l’arbre de Jessé (généalogie humaine du Christ) reçoit les empreintes des doigts des pèlerins qui espèrent ainsi voir exaucer leurs vœux. .
Le visiteur avance ensuite à l’intérieur, ébloui par l’ampleur des nefs, par le luxe des orgues fastueusement décorés, par la somptuosité du chœur ; le maître-autel est surmonté d’un baldaquin en bois recouvert de feuilles d’or généreusement orné de guirlandes fleuries, d’écussons…L’œil ne sait où se poser devant ce foisonnement de sculptures étincelantes ; de nombreuses chapelles latérales ou situées derrière le chœur abritent de splendides statues, dont Notre Dame la Blanche, aux traits purs et délicats, parmi beaucoup de saints qu’il serait trop long d’énumérer.
A cette exaltation visuelle vient parfois s’ajouter le parfum d’un gigantesque encensoir ; il ne faut pas moins de huit hommes pour l’actionner lors des offices solennels : l’objet est à la mesure de l’immensité de l’édifice.
A l’intérieur comme à l’extérieur de la cathédrale, l’image de Saint Jacques figure à maintes reprises ; à l’humble pèlerin appuyé sur son bâton et pourvu de l’emblématique coquille, se substitue parfois le matamore, le guerrier tueur de Maures, vision belliqueuse d’une église triomphante, écrasant l’adversaire ; l’esprit des croisades, l’alliance du sabre et du goupillon ont perduré au XXe siècle avec le pouvoir du dictateur Franco sur l’Espagne.
Outre la façade principale, la cathédrale en comprend plusieurs autres presque aussi remarquables par leur sève ornementale, celles des places de Platerias, de la Azacheria et de la Quintana, dotée d’une monumentale porte sainte ; différents points de vue permettent d’admirer la diversité des tours, tour de l’horloge, tour de la bougie dont les silhouettes dominent fièrement les alentours.
Une seule visite ne suffit pas, loin s’en faut, pour découvrir un tel édifice, complexe, grandiose, démesuré ; il abrite à lui seul un monde avec sa crypte, ses reliques, son cloître, ses trésors, sans oublier musées, archives et bibliothèque. 
 La frénésie décorative est telle que les yeux parviennent difficilement à se frayer un chemin parmi la densité sculpturale, à travers la foule des statues ; la multitude des touristes et des pèlerins tente de voir le peuple grouillant de pierres, de bois, d’or, d’argent, de fer, de regarder les saints, les anges et les rois, d’appréhender un univers aussi vivant à l’orée de notre millénaire qu’il le fut dans les siècles passés.
Marie-Noëlle Hôpital

Publié dans 2000regards

Partager cet article

Repost 0

recu en mai 2007 de Chantal Penet-Bert

Publié le par REGARDS

Publié dans enveloppes originales

Partager cet article

Repost 0