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Madame de Xavier Silvio Barbera

Publié le par REGARDS

 

Sous silence je passe un orgueil triste et noir,

Hâtons-nous de heurter au portail du manoir.

Jamais mélodieux chant n’a franchi ma bouche,

Qu’il puisse vous atteindre en sa vague farouche !

Vous offrir douce cour, Madame, est mon souhait,

Pourrez-vous exaucer ce voeu, ce doux respect ?

Je voudrais sous vos cieux clairs éclore mon âme,

Vibrerez-vous d’amour pour un coeur qui se pâme ?

 

Madame, s’il vous sied de me voir tant gémir,

De grâce alors surtout ô, faites-moi frémir !

Je livrerai pour vous mille et mille batailles,

Soutenez-moi d'en haut de vos blanches murailles,

M’amie, et vous avez ravi tous mes égards,

Par un seul coup, un seul de vos profonds regards.

J'emporterai flottant sur l'altière monture,

Votre beau fanion, mon invincible armure !

 

Lorsque je vous retrouve, instant béni pour moi...

Considérez mon être et son immense émoi.

J’extirperai du fier fourreau la fine lame :

Vaillant je pourfendrai ces impudents, Madame !

L’émeraude océan prend l’éclat de vos yeux,

Pénétrants de douceur et pourtant périlleux.

Pardonnez si ma voix prononçant ces mots, vibre,

Vers vous elle s’élève harmonieuse et libre.

 

Splendeur, ne tardez plus, volez à mon secours,

Je pose sous vos pas les espoirs, mes discours.

A votre intention j’exulte, tendre femme,

Sublime, demeurez celle qui s’oriflamme.

Vous êtes tout mon bien, mon logis ! je me perds

Dans les profondes eaux pures d’un regard pers.

En mes bras désireux je vous prendrai de même :

Et d’un genou ployé je dirai : - Je vous aime !

 

 

Publié dans Poésies

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La mauvaise graine de Jacqueline Farineau

Publié le par REGARDS

(Histoire vraie)

 

 

Ces preux chevaliers qui, partis en croisade

Pour christianiser Maures et Arabes

Ont longtemps guerroyé puis sont repartis

Retrouver demeures et châteaux de leur propre patrie

Sans convaincre par la force le peuple Sarrazin

A vouloir par leur foi, le changer de destin.

Un nobliau de l’Ouest au fond de l’escarcelle

Trouva sous ses écus

Quelques grains ignorés d’une plante inconnue

D’un pays levantin, et craignant le poison

D’un geste royal à ses manants fit don !

Ces pauvres hères se nourrissant de peu

Les mirent en terre, les soignant de leur mieux.

Cette plante d’Arabie poussa et ils furent surpris

Quand l’été suivant, elle fit de beaux épis

Ce blé noir qu’ils nommèrent « sarrazin »

Ils en firent farine et pétrirent du pain

Evitant la famine, qui tenait bien au corps

Et fit de ces Bretons des êtres solides et forts.

Cette farine du pauvre si longtemps méprisée

Est devenue depuis belles galettes dorées

Fleuron de la Bretagne, garnie de charcuterie

De beurre, de légumes et de mer quelques fruits

Galette de blé noir, tu donnes à cette province

Si belle renommée

Merci ! Les Sarrasins de nous l’avoir léguée ! J.Farineau.

 

Publié dans Poésies

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